SII vs Verifactu : différences et impact dans votre ERP

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Lorsque l'AEAT (Agence fiscale espagnole) pilote deux initiatives de contrôle fiscal aux noms similaires et aux délais rapprochés, la confusion est inévitable. Le SII (Suministro Inmediato de Información — Fourniture immédiate d'informations) et Verifactu (système de vérification des registres de facturation) sont deux obligations distinctes, qui concernent des groupes de contribuables différents, avec des impacts techniques différents et des délais différents. Les confondre peut vous amener à croire que vous êtes déjà en conformité alors qu'il vous reste encore du travail, ou au contraire, à investir dans des adaptations qui ne vous concernent pas. Cet article clarifie exactement ce qu'est chacun, comment ils se distinguent et ce que vous devez vérifier dans votre système de gestion.

Qu'est-ce que le SII et qui est concerné ?

Le Suministro Inmediato de Información (SII) est un système de tenue des registres de TVA via le Siège électronique de l'AEAT, instauré par le Décret royal 596/2016. Au lieu de soumettre périodiquement les formulaires 340 et 347, les entreprises obligées envoient les registres de factures émises et reçues dans un délai maximum de quatre jours ouvrables suivant la date d'émission ou de réception.

Le SII est obligatoire depuis le 1er juillet 2017 pour les groupes suivants :

Les PME standard, les travailleurs indépendants et les entreprises dont le volume d'opérations est inférieur au seuil ne sont pas obligés d'utiliser le SII, bien qu'ils puissent y adhérer volontairement. À juin 2026, plus de 60 000 contribuables opèrent sous SII en Espagne, selon les données de l'AEAT.

Qu'est-ce que Verifactu et quand entre-t-il en vigueur ?

Verifactu est le régime de vérification des registres de facturation établi par le Décret royal 1007/2023 du 5 décembre, qui développe la Loi 11/2021 anti-fraude. Son objectif est de garantir l'intégrité et l'inaltérabilité des factures émises grâce à un système de registres chaînés avec empreinte numérique (hash) dans le logiciel de facturation, avec la possibilité — et dans de nombreux cas l'obligation — de transmettre ces registres à l'AEAT en temps réel.

Verifactu s'applique à tous les entrepreneurs et professionnels qui émettent des factures en Espagne et utilisent un logiciel de facturation à cet effet, indépendamment de leur taille ou de leur volume d'opérations. Les principales exceptions sont les contribuables déjà soumis au SII (qui ont leurs propres exigences de traçabilité) et certains régimes spéciaux.

Les délais officiels, selon le Décret royal 1007/2023 dans sa version en vigueur à juin 2026 — modifié par le Décret royal 254/2025 et le Décret royal-loi 15/2025 du 2 décembre — sont :

Si votre fournisseur de logiciel ne vous a pas encore communiqué la mise à jour Verifactu, c'est un signal d'alarme à traiter immédiatement.

Tableau comparatif : SII vs Verifactu en un coup d'œil

Aspect SII Verifactu
Base légale Décret royal 596/2016 Décret royal 1007/2023 / Loi 11/2021
Qui est concerné ? Grandes entreprises, REDEME, REGE Tous ceux qui émettent des factures avec un logiciel (sauf SII et exceptions)
Seuil de volume Plus de 6 M€ d'opérations Sans seuil ; concerne les PME et les indépendants
Qu'est-ce qui est envoyé à l'AEAT ? Registres de factures émises et reçues Registres de facturation avec hash chaîné (transmission volontaire ou obligatoire selon le régime)
Délai de transmission 4 jours ouvrables après émission Immédiat en mode « Verifactu » (au moment de l'émission)
Impact sur le logiciel API de communication avec l'AEAT (WSDL/SOAP) Moteur interne de chaînage des registres + code QR sur la facture + éventuelle transmission à l'AEAT
Remplace-t-il le 347/340 ? Oui, pour les obligés Non ; c'est un contrôle d'intégrité, pas une déclaration périodique
Compatibles entre eux ? Oui : les obligés au SII sont dispensés de la transmission Verifactu, mais leur logiciel doit également respecter les exigences d'intégrité du DR 1007/2023
Date de début 1er juillet 2017 1er janvier 2027 (grandes entreprises) / 1er juillet 2027 (autres)

Peuvent-ils coexister dans la même entreprise ?

Oui, mais avec des nuances. Une entreprise déjà soumise au SII n'a pas à envoyer ses registres Verifactu à l'AEAT ; cependant, son logiciel de facturation doit tout de même respecter les exigences techniques du Décret royal 1007/2023 : chaînage des registres avec hash, conservation des registres de facturation et, dans de nombreux cas, l'impression du code QR de vérification sur la facture. Être sous SII n'est pas un blanc-seing pour ignorer Verifactu ; cela dispense simplement de la transmission en temps réel.

Pour les PME qui ne sont pas sous SII, Verifactu est la seule obligation active aujourd'hui. Et l'adaptation n'est pas anodine : elle exige que le logiciel soit certifié par le fournisseur, que les données historiques de l'ERP soient gérées correctement et que le processus d'émission des factures génère automatiquement le registre de contrôle de manière chaînée.

Ce que tout cela signifie pour votre ERP ou logiciel de facturation

Si vous utilisez un ERP de marché comme Odoo, Sage 200, Microsoft Dynamics 365 Business Central, Holded ou tout autre logiciel de facturation, l'impact concret que vous devez vérifier est le suivant :

Pour les entreprises sous SII

Votre ERP doit déjà avoir le module SII opérationnel depuis plusieurs années. La question est maintenant de savoir si la version mise à jour de ce module respecte également les exigences d'intégrité des registres du DR 1007/2023. Consultez votre fournisseur pour savoir s'il a publié une mise à jour de conformité Verifactu même si vous êtes sous SII. La réponse devrait être affirmative.

Pour les PME et les indépendants (hors SII)

La liste de contrôle minimale à confirmer avec votre fournisseur de logiciel :

Si l'une de ces réponses est « non » ou « je ne sais pas », l'entreprise est exposée à un risque réel de non-conformité. Les sanctions prévues à l'article 201 bis de la Loi générale tributaire (introduit par la Loi 11/2021) pour l'utilisation de logiciels non conformes sont : 1 000 euros par système commercialisé sans la certification requise pour les producteurs et distributeurs ; et jusqu'à 50 000 euros par exercice pour les utilisateurs de logiciels non conformes, pouvant atteindre 150 000 euros lorsque le système intègre des fonctionnalités à double usage pour dissimuler des opérations.

Relation entre Verifactu et la facturation électronique B2B (loi Crea y Crece)

Il existe un troisième sigle qui s'invite dans la conversation : la facture électronique B2B obligatoire imposée par la Loi 18/2022 (Crea y Crece). Il s'agit d'une obligation distincte de Verifactu : elle exige que les factures entre entreprises soient émises dans un format structuré (FacturaE ou le nouveau format défini par le règlement d'application) et échangées via des plateformes interopérables.

À juin 2026, le règlement d'application de la facturation électronique B2B n'a pas encore été approuvé dans sa version définitive, de sorte que les délais définitifs d'entrée en vigueur restent en attente de confirmation officielle. Cependant, les exigences techniques de Verifactu sont compatibles avec, et dans certains cas complémentaires à, la facturation électronique B2B : les deux systèmes exigent que le logiciel génère des factures avec des données structurées et intègres.

Si votre ERP est en cours d'adaptation pour Verifactu, profitez de ce projet pour examiner également l'état de préparation à la facturation électronique B2B. Ce sont deux projets distincts, mais ils partagent une infrastructure technique commune.

Chez Summum Sistemas, nous accompagnons les PME et les entreprises de taille intermédiaire dans l'adaptation de leurs ERP et logiciels de facturation aussi bien à Verifactu qu'à la facturation électronique B2B, avec un diagnostic préalable des écarts techniques et un plan d'implémentation concret.

Erreurs fréquentes commises en confondant SII et Verifactu

Dans des projets d'adaptation réels, Summum Sistemas détecte de manière récurrente les erreurs suivantes :

Comment Verifactu affecte-t-il un ERP multi-société ou multi-site ?

Dans les environnements avec plusieurs sociétés ou établissements qui émettent des factures depuis le même ERP, chaque numéro de TVA émetteur dispose de sa propre chaîne de registres Verifactu. Il n'est pas possible de mélanger la chaîne d'une société avec celle d'une autre. Si l'ERP gère plusieurs personnes morales sous un même système, la configuration doit garantir que les compteurs et les chaînes de hash sont indépendants par numéro de TVA. Ce point nécessite généralement une intervention technique spécifique dans la configuration du module.

De même, les environnements de test ou de staging qui émettent également des factures doivent avoir clairement défini s'ils utilisent l'environnement de test de l'AEAT (qui existe pour la transmission Verifactu) ou si les factures générées dans ces environnements sont correctement marquées comme « non productives » afin de ne pas contaminer la chaîne réelle.

Questions fréquentes

Mon entreprise est sous SII : dois-je faire quelque chose pour Verifactu ?

Oui. Même si vous n'avez pas à soumettre de registres Verifactu à l'AEAT, votre logiciel de facturation doit tout de même respecter les exigences techniques du Décret royal 1007/2023 : chaînage des registres avec hash, champs obligatoires et conservation des registres. Vérifiez auprès de votre fournisseur ERP si la mise à jour de conformité Verifactu est déjà disponible et installée dans votre système.

Quelle est la différence pratique entre « logiciel Verifactu » et « logiciel non Verifactu » ?

Le Décret royal 1007/2023 distingue deux modalités pour le logiciel : la modalité « Verifactu », dans laquelle le logiciel envoie automatiquement chaque registre de facturation à l'AEAT au moment de l'émission, et la modalité « non Verifactu » (également appelée systèmes informatiques à registres), dans laquelle le logiciel génère et conserve les registres avec chaînage de hash mais ne les transmet pas en temps réel, bien que l'AEAT puisse les demander à tout moment. Les deux modalités sont légalement valides, mais la modalité Verifactu avec transmission immédiate offre une plus grande sécurité juridique car chaque facture est « scellée » sur les serveurs de l'AEAT.

Que se passe-t-il si le délai de juillet 2027 passe et que mon logiciel n'est pas adapté ?

L'utilisation d'un logiciel de facturation qui ne satisfait pas aux exigences du DR 1007/2023 constitue une infraction fiscale prévue par la Loi 11/2021. Pour l'utilisateur du logiciel, les sanctions peuvent aller de 1 000 euros pour une infraction mineure à des montants bien supérieurs selon la gravité et le type de manquement. De plus, le non-respect peut compromettre la validité fiscale des factures émises, ce qui crée un risque pour vos clients professionnels en matière de déductions de TVA. Le risque de retard n'est pas qu'une amende ponctuelle ; c'est un risque réputationnel auprès de vos clients entreprises.

Puis-je continuer à utiliser Excel ou un tableur pour facturer ?

Les tableurs génériques (Excel, Google Sheets, LibreOffice Calc) ne sont pas des logiciels de facturation au sens du DR 1007/2023 et ne peuvent pas satisfaire aux exigences de chaînage de hash et de génération de code QR. Si vous émettez actuellement des factures depuis un tableur, vous êtes tenu de migrer vers un logiciel de facturation certifié avant le 1er juillet 2027. Il existe des options gratuites ou à faible coût qui sont déjà certifiées, mais si votre volume d'opérations justifie un ERP, c'est le moment de franchir ce pas.

Si vous avez besoin de conseils sur la solution technique la mieux adaptée à votre situation — qu'il s'agisse d'un ERP complet, d'un module de facturation ou d'une intégration avec votre système actuel — l'équipe de Summum Sistemas peut vous aider à tracer le chemin le plus court vers la conformité, avec plus de 15 ans d'expérience dans les implémentations de logiciels de gestion pour les PME en Castille-et-León et aux Îles Canaries.