Si votre entreprise compte entre 10 et 249 salariés et que vous n'avez pas encore entendu parler du Kit Consulting, ce guide est fait pour vous. Il s'agit du programme du gouvernement espagnol — géré par Red.es et financé par les fonds NextGenerationEU — qui octroie un bon d'accompagnement numérique permettant à une PME de rémunérer un consultant homologué pour concevoir sa feuille de route vers la transformation numérique. Il ne finance pas de logiciels ni de matériels : il finance le savoir-faire d'un expert qui analyse votre situation et vous indique précisément ce dont vous avez besoin et dans quel ordre. Cette distinction — accompagnement plutôt qu'implantation — est la clé qui sépare le Kit Consulting du Kit Digital, et la comprendre est la première étape pour en tirer pleinement profit.
Qu'est-ce que le Kit Consulting et d'où vient-il ?
Le Kit Consulting est né en 2024, avec les bases réglementaires approuvées par l'Ordre TDF/436/2024, du 10 mai (BOE-A-2024-9524), dans le cadre de l'Agenda España Digital 2026 et du Plan de numérisation des PME 2021-2025. Le programme dispose d'un budget global de 300 millions d'euros, intégralement financé par l'Union européenne via le mécanisme NextGenerationEU — le même qui a financé le Kit Digital, mais orienté cette fois vers des entreprises de plus grande taille et vers un service de nature consultative, et non vers des licences ou des outils.
La logique du programme est simple : une PME d'une certaine dimension possède déjà une certaine maturité technologique, mais manque de vision stratégique pour franchir une nouvelle étape. Le Kit Consulting rémunère le consultant qui réalise ce diagnostic, définit la feuille de route et établit les étapes concrètes. L'exécution ultérieure — ERP, cybersécurité, automatisation — peut être financée par d'autres instruments ou par investissement propre, avec un plan clair déjà en main.
Qui peut solliciter le bon ?
Le programme s'adresse exclusivement aux petites et moyennes entreprises ayant leur domicile fiscal en Espagne. La taille est calculée en équivalent temps plein, en additionnant les salariés du Régime général de la Sécurité sociale et du Régime spécial des travailleurs indépendants. Sont exclus les micro-entreprises (moins de 10 salariés), les grandes entreprises et les entités du secteur public.
En plus de la taille, l'entreprise doit :
- Être à jour de ses obligations fiscales et sociales.
- Ne pas se trouver en situation de crise d'entreprise au sens de la réglementation communautaire sur les aides d'État.
- Ne pas avoir reçu plus de 200 000 € d'aides de minimis au cours des trois derniers exercices fiscaux (règle générale de cumul).
- Ne pas avoir été déclarée en faillite ni faire l'objet d'une procédure d'insolvabilité.
Montant du bon par segment
Le montant du bon dépend de la taille de l'entreprise. L'appel à candidatures répartit les bénéficiaires en trois segments :
| Segment | Effectif | Montant maximum du bon | Maximum par service |
|---|---|---|---|
| Segment A | 10 à 49 salariés | 12 000 € | 6 000 € |
| Segment B | 50 à 99 salariés | 18 000 € | 6 000 € |
| Segment C | 100 à 249 salariés | 24 000 € | 6 000 € |
Le plafond de 6 000 € par service implique qu'une entreprise du Segment C peut contracter jusqu'à quatre catégories d'accompagnement différentes, en les combinant selon ses besoins. Une entreprise du Segment A peut combiner deux catégories (2 × 6 000 €). C'est pourquoi la planification préalable des services à contracter est cruciale : bien choisir les catégories détermine la valeur réelle que l'entreprise tire du bon.
Les dix catégories d'accompagnement disponibles
Le catalogue officiel des services éligibles recense actuellement dix catégories. Elles ne sont pas toutes équivalentes en profondeur ni en adéquation avec chaque type d'entreprise :
- Intelligence artificielle (IA) : diagnostic de maturité en IA, identification des cas d'usage prioritaires et conception du plan d'adoption.
- Analyse de données (basique) : inventaire des sources de données, évaluation de la qualité et recommandations de tableaux de bord.
- Analyse de données (avancée) : architecture de données, modèles analytiques et définition des KPI métier.
- Ventes numériques : stratégie omnicanale, CRM, marketing automatisé et commerce électronique.
- Processus métier ou de production : cartographie des processus, identification des goulots d'étranglement et feuille de route d'automatisation.
- Stratégie et performance d'entreprise : planification stratégique numérique, tableau de bord équilibré et conduite du changement.
- Cybersécurité (basique) : inventaire des actifs, analyse de risques basique et plan d'amélioration initial.
- Cybersécurité (avancée) : analyse technique approfondie, gestion des incidents et définition de contrôles avancés.
- Cybersécurité (préparation à la certification) : analyse des écarts et feuille de route vers le Schéma national de sécurité (ENS) ou d'autres certifications.
- Transformation numérique 360 : vision globale combinant plusieurs axes précédents dans un diagnostic unifié.
Pour une PME industrielle ou de services professionnels, les combinaisons les plus fréquentes que nous observons chez Summum Sistemas sont : Processus métier + Intelligence artificielle (pour les entreprises souhaitant automatiser leurs opérations avec l'IA) et Cybersécurité avancée + Analyse de données (pour les entreprises ayant des données sensibles qui nécessitent protection et visibilité). Le bon choix dépend du diagnostic préalable, non des tendances du moment.
Différences essentielles entre Kit Consulting et Kit Digital
La confusion entre les deux programmes est fréquente. Ils sont complémentaires, non alternatifs. Ce tableau clarifie les différences essentielles :
| Critère | Kit Digital | Kit Consulting |
|---|---|---|
| Ce qu'il finance | Implantation de solutions technologiques (logiciels, licences, développement) | Conseil stratégique et diagnostic de transformation numérique |
| Taille des bénéficiaires | De 0 à 249 salariés (inclut indépendants et micro-entreprises) | De 10 à 249 salariés (PME uniquement) |
| Livrable | Outil fonctionnel (boutique en ligne, CRM, cybersécurité basique...) | Plan stratégique, feuille de route, diagnostic technique |
| Prestataire | Agent numériseur adhérent (ADA) | Conseiller numérique homologué par Red.es |
| Compatibilité | Ils sont compatibles : les deux peuvent être utilisés tant que le plafond de minimis n'est pas dépassé | |
En pratique : le Kit Consulting passe en premier. On commence par définir la stratégie (Kit Consulting), puis on implante les outils (Kit Digital ou investissement propre). Faire le Kit Digital sans stratégie préalable, c'est acheter des solutions sans savoir si elles résolvent le bon problème.
Comment fonctionne le processus étape par étape
Le processus comporte quatre phases bien définies :
- Demande du bon : l'entreprise dépose sa candidature sur le guichet électronique de Red.es (sede.red.gob.es), en fournissant le numéro d'identification fiscale, les données d'effectif et les pièces justificatives. Après évaluation, Red.es émet la décision d'octroi précisant le montant du bon.
- Choix du conseiller homologué : l'entreprise recherche un conseiller numérique adhérent dans le catalogue d'AceleraPyme. Il est important de vérifier que le conseiller est accrédité pour la catégorie précise que l'on souhaite contracter. Tous les conseillers ne couvrent pas toutes les catégories.
- Signature de l'accord de prestation de services : l'entreprise et le conseiller formalisent par écrit le périmètre, les livrables et le calendrier. Cet accord est enregistré sur la plateforme Red.es. Sans ce document, la dépense n'est pas subventionnable.
- Réalisation du service et justification : le conseiller exécute les travaux et remet les rapports ou plans convenus. L'entreprise valide la livraison et la procédure de justification auprès de Red.es est lancée pour libérer le paiement au conseiller.
Erreurs fréquentes lors de la demande du Kit Consulting
Fort de notre expérience d'accompagnement de PME dans ce type de programme depuis 2007, voici les erreurs que nous avons le plus souvent observées :
- Choisir le conseiller avant le service : certaines entreprises se laissent convaincre par le commercial du moment et contractent la catégorie que le conseiller propose, et non celle dont l'entreprise a réellement besoin. L'ordre correct est : identifier les besoins → sélectionner les catégories → trouver un conseiller spécialisé.
- Ne pas vérifier l'accréditation du conseiller : un conseiller peut figurer dans le catalogue sans être habilité pour toutes les catégories. Vérifiez toujours dans la fiche AceleraPyme quels services précis il est autorisé à fournir.
- Confondre le diagnostic avec l'implantation : le Kit Consulting finance le plan, pas l'exécution. Les entreprises qui espèrent repartir avec un ERP installé ou un nouveau site web se retrouvent déçues. Le livrable est un document stratégique, une analyse technique ou une feuille de route.
- Mal cumuler avec le Kit Digital : les deux programmes sont compatibles mais soumis au plafond de minimis (200 000 € sur trois exercices fiscaux). Si vous avez déjà le Kit Digital ou d'autres subventions, vérifiez le cumul avant de déposer votre candidature.
- Attendre le dernier moment pour les délais : les délais de formalisation des accords sont différents de ceux de la demande de bon. Une entreprise peut avoir obtenu son bon et le perdre si elle ne signe pas l'accord avec le conseiller dans le délai imparti.
Ce que doit livrer un bon conseiller Kit Consulting
Les livrables minimaux exigés par Red.es varient selon la catégorie, mais un accompagnement de qualité doit toujours inclure : un diagnostic initial documenté sur l'état actuel de l'entreprise dans l'axe concerné, une identification des écarts et opportunités reposant sur des critères objectifs, et une feuille de route priorisée avec des initiatives classées par impact et effort, des délais indicatifs et une estimation de l'investissement.
Chez Summum Sistemas, lorsque nous intervenons en tant que conseillers dans les catégories Processus métier, Intelligence artificielle ou Analyse de données, nous fournissons en outre une matrice de cas d'usage priorisés et un tableau d'indicateurs de référence (benchmarks sectoriels) afin que la direction puisse évaluer son point de départ avec des données comparatives réelles. Un rapport générique de 15 pages applicable à n'importe quelle entreprise ne constitue pas un bon accompagnement Kit Consulting.
Questions fréquentes
Puis-je demander le Kit Consulting si j'ai déjà le Kit Digital ?
Oui, les deux programmes sont compatibles. La seule limite est le plafond des aides de minimis : vous ne pouvez pas dépasser 200 000 € d'aides publiques cumulées sur les trois derniers exercices fiscaux. En cas de doute sur votre cumul, consultez votre comptable ou votre conseiller avant de déposer la demande, car une déclaration incorrecte peut entraîner une obligation de remboursement.
Quelle est la durée du service d'accompagnement ?
Il n'existe pas de délai unique fixé par la réglementation, mais la plupart des accords s'organisent en sessions de travail sur deux à quatre mois. La durée réelle dépend de la catégorie (un accompagnement en cybersécurité basique est plus court qu'une transformation numérique 360) et de la disponibilité interne de l'entreprise pour les réunions, entretiens et validations. Ce qui compte, ce n'est pas la durée mais la qualité du livrable final.
Le bon couvre-t-il 100 % du coût de l'accompagnement ?
Oui, dans les limites établies. Si le coût convenu avec le conseiller est égal ou inférieur au montant du bon pour ce service (maximum 6 000 € par catégorie), la subvention couvre 100 %. Si le périmètre convenu dépasse ce plafond, la différence est à la charge de l'entreprise. Il n'y a pas de cofinancement obligatoire, bien qu'en pratique les projets plus complexes nécessitent souvent un budget supplémentaire pour la phase d'implantation ultérieure, non couverte par le Kit Consulting.
Que se passe-t-il si l'appel à candidatures est clos ?
L'appel principal du Kit Consulting a eu sa période de dépôt de dossiers ouverte jusqu'au début de l'année 2025. Si vous lisez ceci en 2026 et que vous n'avez pas demandé le bon, il est possible que le programme ait épuisé les fonds de l'appel initial. Red.es peut toutefois ouvrir de nouveaux appels sur les fonds NextGenerationEU ou de nouveaux budgets, il convient donc de surveiller le guichet électronique de Red.es et le portail AceleraPyme. Pour des besoins de transformation numérique qui ne peuvent attendre, il existe d'autres instruments comme le Programme ACTIVA Industrie 4.0 (IPEX/ICEX) ou les lignes de numérisation du CDTI et de l'ICO, avec des conditions différentes mais des finalités similaires.